Bi, dung so ! de Phan Dang Di
De fragiles petites bulles de savon célèbrent le retour du grand-père maladif à la maison. C’est Bi qui lui envoie, et de là se crée une complicité sensiblement traduite par un jeu d’acteur très juste, entre le grand-père souffrant et son petit fils Bi, illustrant brillamment l’innocence. Non seulement la performance de jeu de l’enfant est impressionnante, mais les autres acteurs sont eux aussi poignants dans leur interprétation…
Cet enfant erre entre le monde de l’usine de glace, celui de sa tante pour laquelle il éprouve une attirance particulière, ou encore l’univers rassurant du grand-père… Les personnages sont emprisonnés au sein de ce monde ; les sur-cadrages et les décors oppressants, délabrés, enferment le spectateur dans cette ambiance étouffante. Il fait chaud, les personnages étouffent et tentent de se refroidir avec des ventilateurs présents dans tous les lieux, ou bien avec de la glace fabriquée dans une usine aux multiples tuyaux et cuves immenses…
Bien que ces mondes soient différents, le lien entre tous ces univers est le sexe et le désir. Mais la tendresse et la douceur avec laquelle les cadrages sont marqués viennent contraster avec certaines scènes de sexe bestiales. C’est avec un rythme très lent et fort que le réalisateur suscite une multitude d’émotions. Il arrive à faire ressentir au spectateur l’agonie du grand-père malade en faisant précéder ces scènes de moments sensuels.
Les personnages évoluent et se retrouvent autours de la nourriture, ou encore de la glace, du feu, de la terre et de l’eau. Ces éléments présents tout au long du film ont une valeur symbolique des différents univers dont l’enfant est le lien.
C’est avec une grande poésie que Phang Dang Di nous exprime ses sentiments avec cette œuvre très réussie, mais dont l’histoire devient durant le film de plus en plus floue. Nous sommes plongés dans une ambiance étouffante et glacée, créée par un contraste entre la glace et le feu, entre le grand-père et son petit fils, entre les nuages le soleil, bref, où on se sent comme des feuilles dans la glace…





































