The Myth of the American Sleepover de David Robert Mitchell
On ne peut pas dire que l’adolescence soit un sujet original ou peu revisité. Pourtant ce film ne tombe pas dans le stéréotype ni même dans le cliché. David Robert Mitchell met ici en scène la vie de quatre adolescents. Finalement il est difficile de distinguer les protagonistes, eux mêmes entourés de nombreux autres jeunes. Ce film nous montre des fêtes, des « soirées pyjama » et autres activités durant lesquelles les adolescents aiment se retrouver. Rien de nouveau jusque là. Mais il se distingue par la façon dont il nous les présente. Là où d’autres réalisateurs auraient choisi une lumière plus vive, plus colorée, David Robert Mitchell, lui, joue sur une ambiance plus nuancée. Alors pourquoi cette lumière maussade pour qualifier l’adolescence? Sûrement l’auteur a voulu marquer ainsi la différence d’époque ou peut être s’en sert-il pour qualifier l’état d’esprit de ces jeunes encore si peu sûrs d’eux. On retrouve cette hésitation dans la façon de cadrer, de filmer. Le réalisateur utilise des cadrage obliques et la mise au point est parfois volontairement flou. Pourtant ce n’est pas choquant. Ces jeunes aussi se cherchent. Et, finalement, cette façon de filmer si enfantine nous renvoie à l’insouciance de ces adolescents. Nous les accompagnons en musique à la recherche de l’amour, une musique qui pourtant paraît récente et qui crée un contraste entre notre époque et ces jeunes des années 1990. Un lien en quelque sorte qui rapproche nos deux jeunesses. Malgré la différence d’époque, nous nous retrouvons tous un peu dans ce film. Il nous rencontre. Il aborde des sujets universels. L’alcool, les amis, l’amour… On peut en fait résumer ce film grâce à une de ses scènes, celle où un jeune homme demande à la fille assise à côté de lui s’il peut lui prendre la main. Elle hésite, elle finit pas accepter. C’est le temps des incertitudes.































